Projet lauréat

Des coopérations associatives pour un récit territorial alternatif à Saint-Etienne : l’expérimentation des Assises de la transition – CARTA Saint-Etienne

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Appel à projets : quelle contribution des associations aux territoires ?

Dates du projet : octobre 2024 – novembre 2026

Mots clés : territorialités, alternatives, récit, coopération, référentiel(s)

Le territoire du bassin stéphanois est marqué par la présence de nombreuses initiatives – notamment associatives – sur son territoire, qui se caractérisent par leur inscription dans des logiques de « transition » (écologique, économique ou sociale), par leur nombre et l’organisation en réseau de certaines d’entre elles. Le projet de recherche propose :

  • de mieux comprendre la place de ces associations dans le système d’acteurs du Sud-Loire, leurs territorialités, leurs modalités d’action et de coopération ;
  • d’améliorer la connaissance des besoins du territoire et celle des organisations parties prenantes des Assises de la transition ;
  • d’élaborer une définition alternative du « développement local » et proposer collectivement les bases d’un nouveau récit territorial ;
  • de mettre en œuvre ces objectifs au travers d’une démarche participative, permettant de systématiser un processus réflexif et « augmenter » les capacités collaboratives des acteurs engagés dans les Assises.

Nous sommes partis du constat que les associations locales qui revendiquent une action sur la transition, ont créé des dispositifs de travail collaboratif et de plaidoyer originaux (Assises de la transition, collectif d’élaboration d’un plaidoyer « Projet Alimentaire Territorial juste et paysan », Salon Verts de terre, etc.) mais leurs capacités d’action et d’innovation rencontrent de nombreux obstacles, structurels comme conjoncturels. Les évolutions des politiques publiques nationales, régionales et locales, à l’égard du monde associatif y génèrent des tensions importantes : raréfaction des ressources, mise en compétition généralisée au travers de la généralisation des appels à projets (Cottin-Marx et al., 2017), tensions entre professionnalisation nécessaire et impact social du bénévolat (Cottin-Marx, 2019 et 2021), gestionnarisation du travail associatif (de Gaulejac, 2010), interrogations profondes sur le « travail » en général, etc. A l’échelle locale, l’austérité généralisée est particulièrement prégnante (-14% de subventions municipales en 2023) tandis que le contexte politique tendu entrave parfois les relations entre technicien·es et responsables et/ou membres des associations.

L’enquête auprès et avec les acteurs associatifs sera élaborée et conduite pour répondre à la question suivante : comment des acteurs associatifs, ancrés dans le bassin stéphanois et partenaires dans de nombreuses opérations dont celle, inédite, des Assises de la transition, peuvent-ils conforter leur visibilité et renforcer leurs coopérations par l’élaboration d’un récit territorial alternatif ?

L’expérimentation des Assises de la Transition comme terrain privilégié

Le projet de recherche s’inscrit dans le cadre du collectif des Assises de la Transition. Impulsé en 2021 dans l’objectif d’organiser un événement à destination des professionnel·les de l’ESS, des praticien·nes des collectivités locales et de Saint-Etienne Métropole, ainsi que des élu·es, celui-ci a réuni une trentaine de structures associatives et coopératives pour présenter leurs actions sur le territoire stéphanois (Assises#1).

Ce premier évènement, inédit, avait pour objectif de « donner à voir » l’importance et la pertinence des actions des acteurs de l’ESS face aux besoins du territoire. Il a suscité un grand intérêt (presse locale et nationale) et amené les élu·es, notamment de Saint-Etienne Métropole, à infléchir leur appréciation des acteurs de l’ESS – ne serait-ce qu’en modifiant leurs agendas pour participer, même brièvement, aux Assises.

Le collectif s’est ensuite structuré et formalisé (à travers la création d’un COPIL et d’une instance plénière) et a organisé un second rendez-vous à l’automne 2022 (Assises#2). En partant des mêmes thématiques, ces Assises #2 ont permis de mettre l’accent sur les coopérations des acteurs engagés dans la démarche, exprimant la volonté collective de tenter de contribuer – sinon de peser sur – à l’agenda politique local. En effet, à l’issue des Assises#1, la nécessité de prendre du recul sur l’événement, ses modalités d’organisation et son contenu, a conduit à la création d’un groupe de travail dénommé « GT-Recherche ». Validé collectivement par le COPIL et l’assemblée plénière, le présent projet de recherche s’inscrit dans la continuité des premiers travaux du GTR, avec l’objectif de se doter d’un plaidoyer commun à destination des acteurs publics du territoire et, ainsi, d’engager de nouvelles formes et projets de coopération, qui prendraient sens et « armature » dans un récit territorial dont les parties prenantes des Assises souhaitent se doter. 

La constitution d’un groupe de recherche mixte et la mise en route d’une recherche participative

Le laboratoire Environnement Villes et Société (Université Jean Monnet de Saint-Étienne – UJM) est associé depuis le départ du projet par l’engagement de Christelle Morel Journel dans les instances des Assises, un partenariat est engagé avec le Master Altervilles – Gouvernance et politiques publiques urbaines alternatives et un stage de recherche impliquée en 2022, a été financé par l’Ecole Urbaine de Lyon, sur les dynamiques de coopérations entre les structures membres de la Fabrique de la Transition. Le groupe a bénéficié de l’appui de la Boutique des Sciences de l’Université Lyon 2 par le biais de l’accueil d’une stagiaire de Master 2 Gestion de l’environnement (mémoire-recherche).

Lors de la première année, le travail du groupe de recherche a permis :

  • d’analyser des données existantes, déjà constituées : retranscriptions, vidéos et synthèse des Assises #1 et #2, mémoire de recherche sur les membres du PTCE élaboré au cours d’un stage de recherche réalisé au sein La Fabrique de la Transition) et émis des hypothèses sur les conséquences de cette expérimentation. A partir de ce travail, nous projetons de conduire des entretiens avec les professionnel·les présent·es, les agent·es des collectivités, des élu·es.
  • de constituer un groupe de travail sur “Les espaces vacants et en friches du territoire stéphanois”, pour conjointement : établir des stratégies de coopération entre les associations agissant sur le sujet et les institutions publiques locales, tout en contribuant à la recherche en tentant de formaliser les point de vue et d’objectiver les référentiels et les modèles qui situent l’action de chaque partie prenante.

Ce travail nous permet de comprendre le positionnement des acteurs, de recueillir leurs conceptions du développement local ainsi que leurs pratiques et leurs modalités de relation aux acteurs institutionnels, principalement la Ville de Saint-Etienne et Saint-Etienne Métropole, l’objectif étant d’élaborer une première écriture d’un “récit territorial alternatif” proposé par l’action associative sur le territoire stéphanois, puis de mettre en discussion cette analyse au sein du groupe d’associations qui ont participé aux Assises de la Transition.

 

QUEL APPORT DU PROJET AU MONDE ASSOCIATIF ET À SES PARTENAIRES

Le projet de recherche-action vise à mieux outiller les acteurs associatifs en région stéphanoise pour qu’ils poursuivent l’élaboration dun plaidoyer pour un (re)développement territorial alternatif au paradigme dominant de l’attractivité (Bouba Olga et Grossetti, 2018) en partant du collectif des Assises. 

L’objectif est que le projet permette aux acteurs associatifs de prendre du recul sur leurs  pratiques et d’objectiver la portée et la finalité de leurs actions en les inscrivant dans un “récit territorial” propre, distinct de récits institutionnels. Il s’agit ainsi de mieux comprendre la place de ces actions associatives, dans le système d’acteurs du Sud-Loire, les territorialités (lieux, réseaux, échelles) afin de les rendre plus efficaces et pertinentes.

 

L’ensemble du projet viendra pragmatiquement alimenter l’organisation (dans le fond comme la forme) des Assises #3 à l’automne 2026. Plus fondamentalement, la démarche de recherche participative permettra aux associations impliquées de stimuler leurs coopérations et de renforcer leurs capacités d’action collective dans la configuration institutionnelle et politique locale.

 

 

INNOVATION POUR LA CONNAISSANCE

Cette recherche participative a également pour ambition de produire des connaissances générales, à partir de l’analyse de trajectoires associatives (« petite histoire » à dimension sociologique, avec identification des référentiels politiques) et d’une configuration associative qui, pour territorialisée et singulière qu’elle soit, ne peut être qualifiée d’unique car confrontée à nombre de logiques globales. C’est une contribution à la sociologie du monde associatif (Cottin-Marx, 2019) et notamment à l’analyse des ressorts territoriaux de ses dynamiques de coopération, en tension et /ou en accommodement avec des dynamiques de concurrence. C’est aussi une contribution à l’analyse de conceptions alternatives du développement local qui sous-tendent les projets et actions de nombre d’associations, et à l’expérience de construction d’un récit territorial commun comme instrument de renforcement de capacités collaboratives, en contexte de contraintes sociales et écologiques (Lapostolle, 2021).

Présentation de l’équipe

Thomas Benoit

Thomas Benoit

Coordinateur - La Fabrique de la Transition

Florence LENERTZ

Florence LENERTZ

Coordinatrice, animatrice et formatrice - Association CREFAD Loire

Christelle MOREL JOURNEL

Christelle MOREL JOURNEL

Maîtresse de conférences en géographie et aménagement - Université Jean-Monnet

Nous remercions nos partenaires pour leur soutien

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Institut français du Monde associatif

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